Gouvernance de la donnée ? Quel bien étrange sujet en pleine euphorie des architectures orientées services ! Et pourtant, comme toute nouvelle théorie informatique (idéologie serait le terme adéquat), SOA1 surestime sa proposition de valeur en faisant table rase des expériences du passé. L’urbanisme ? Has been : faites du SOA. Les moniteurs transactionnels, le développement d’applications ? SOA. L’intégration ? SOA. La sécurité, les pannes de serveurs, la météo pourrie ? SOA.
Tout devient simple… et forcément comme en politique, la réduction abusive fonctionne, car elle donne au quidam l’illusion de comprendre. Malheureusement, bâtir des architectures orientées services, c’est-à-dire où chaque sous-SI interopère avec ses voisins selon une charte de services, est une idée vieille comme l’informatique. Rien de nouveau sous le soleil, on a remplacé le terme urbanisme, au parfum suranné et relents de vieilles casseroles, par un SOA, plus « hype », « XML-enabled ».
Or, on sait bien que si l’on souhaite créer une continuité de services, il faudra s’interroger en premier lieu sur la continuité des données. Quel intérêt pour un getCustomerInfo() qui renvoie un type de client indéchiffrable, une référence sibylline à un contrat, un identifiant unique qui ne l’est pas ?